Privés de podium, la veille de l’arrivée
Après un sans-faute de quatre jours et demi, Jean-Marie Davoy et Marc Jourdan ont connu une énorme désillusion, hier après-midi, dans la deuxième boucle de la cinquième étape du Shamrock. Le moteur de leur Buggy Chevrolet à calé en descendant une dune et ils ont perdu la troisième place au profit de leurs coéquipiers du Team MD Rallye Sport, Jean-Noël Julien et Christophe Crespo (Renault-Mégane). Après avoir conforté leur place sur le podium dans la première boucle, leur plus grand rival, le Buggy Schlesser de François Lethier ayant été victime de problèmes mécaniques, la déception est énorme pour les deux hommes de Sarthe Rallye Raid.
La journée n’avait pas très bien commencé pour les deux Sarthois. Au début du parcours de liaison conduisant leur Buggy-Chevrolet de Zagora à N’Hamid, ils avaient constaté un bruit anormal dans leur transmission. Par téléphone ils contactaient le chef mécanicien de MD Rallye Sport qui les rassurait. Durant la nuit, à l’assistance, les mécanos avaient graissé la transmission. D’où une plus grande mobilité d’une pièce métallique occasionnant un petit cliquetis nullement dangereux. Et puis, comme beaucoup de pilotes, copilotes, mécaniciens et accompagnateurs, Marc Jourdan a été atteint durant la nuit d’une « tourista » probablement causée par la piètre nourriture de l’Hôtel Réda où est basé le rallye. Avec deux cachets avalés avant le départ de la première « spéciale », une boucle de 155 km empruntant, à l’envers, une grande partie du parcours de mardi, avec un nouveau passage dans les grandes dunes de Chegagga, Jourdan fut requinqué. Et il fit une navigation exemplaire, au cap, dans les dunes.
« Dans mon baquet, j’étais très tendu, reconnaît Jean-Marie Davoy. Il n’y avait que deux traces devant nous. Mais le cap annoncé par Marc était le bon. Le problème, c’est qu’après, nous nous sommes retrouvés durant 90 km, dans la poussière d’un concurrent qu’il était impossible de doubler. Mieux valait assurer. »
La bonne tactique. Car au retour à l’assistance, après le problème d’allumage rencontré par Lethier et la pénalité de 6 heures qu’il allait écoper pour avoir franchi la ligne d’arrivée sans être passé par les contrôles de passage 1 et 2, Davoy et Jourdan comptaient 38 minutes d’avance sur la Mégane de Julien et plus de trois heures sur Smulevici.
« Pour vous la course est presque terminée, lançait alors Pascal Thomasse, le team-manager de MD Rallye Sport, à Davoy et Julien. Vous n’avez plus qu’à assurer jusqu’à demain après-midi. »
Ce que firent les deux hommes. Mais à mi-parcours, alors que la chance avait, jusque-là, souri au pilote de Fatines, elle lui tourna, cette fois, le dos. « Nous nous sommes ensablés une première fois mais rien de bien méchant. Et puis, après avoir franchi la crête d’une grande dune, dans la descente, notre moteur a calé. Et impossible de le refaire démarrer. J’ai été patient, j’avais peur de vider complètement la batterie. Au bout d’une heure, dans une ultime tentative, il est finalement reparti. »
Les deux hommes franchissaient finalement la ligne d’arrivée à 1h25’ de leurs amis Jean-Noël Julien et Christophe Crespo qui leur ravissent la troisième place. Dans leur malheur, ils limitent quand même la casse. A défaut d’un podium, au terme des 180 km de pistes rocailleuses, sans grandes difficultés, qui les conduiront demain vers le terme de ce Rallye du Maroc, ils devraient conserver une très belle quatrième place.
Le classement général, jeudi soir : 1. Peterhansel-Cottret (BMW-X3) 19h31’ ; 2. Novitsky-Schulz (BMW-X3) à 2h26’ ; 3. Julien-Crespo (Renault-Mégane) à 6h26’ ; 4. Davoy-Jourdan (Buggy-Chevrolet) à 7h05’; 5. Chevallier-Laure (Springbok) à 9h15
